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Yeuses : pour un classement au patrimoine naturel de la forêt littorale

Un trésor à protéger sans lequel les cultures d’arrière-pays seraient ravagées par le vent et les embruns salés.


La frange boisée littorale est composée dans la zone de protection, située juste après l’estran, de chênes verts (ou Yeuses) prostrés, car dans ce milieu hostile soumis aux vents et aux embruns, peu d’espèces peuvent se développer et résister.


Prostrée : en résistant aux éléments, l’yeuse développe des formes bizarres et torturées. D’abord naine rampante en bord de falaise, elle s’épanouit et s’élève progressivement pour devenir une chênaie ombragée sous laquelle il est agréable de se promener.


Telle qu’elle subsiste encore dans nos contrées, sera-t-elle préservée ?


Le guide naturaliste de Boumérias, Pomerol, Turquier (édition Delachaux et Niestlé) disaient déjà en 1987 :


« Le chêne vert, qui subsiste rarement en peuplement étendu constitue vis-à-vis des influences maritimes une protection particulièrement efficace en raison de sa densité, de sa ramure enchevêtrée dont le feuillage persistant et coriace colmate les interstices. »



« Il s’agit des restes de la végétation originelle du littoral vendéen, particulièrement adaptée à la fixation et à la protection des dunes côtières, pourtant presque partout transformée et anéantie par l’homme ».


L’influence de l’homme ne servirait-elle qu’à détruire ce précieux trésor de notre contrée ?


Cette chênaie est en état critique, menacée :

- à l’extérieur par le piétinement

Chenaie menacée à l'extérieur par le piétinement

- à l’intérieur par la pousse d’arbres invasifs exotiques à croissance rapide, les robiniers qui sont les seuls gagnants des nombreuses coupes claires effectuées.


La réduction de la zone d’implantation des Yeuses est notable à divers endroits, sur le chemin d’accès depuis la Mine par exemple, elle ne subsiste que dans une petite frange très étroite.



A l’arrière de la plage du Four à Chaux, à l’extrême au havre du Payré face au gué qui conduit au Port de la Guittière, ronces ou robiniers les prennent en tenaille.




Il est urgent d’aider cette végétation exceptionnelle et unique à se régénérer sous peine de la voir disparaître de notre littoral.


Pourquoi préserver cette forêt d’Yeuse littorale ?

Cette forêt d’Yeuse est un patrimoine exceptionnel unique à notre région, qui possède les conditions climatiques idéales pour son développement : faible pluviosité et moyennes thermiques élevées. Ainsi l’Yeuse ne s’étend ni au nord en Bretagne ni au sud de notre région, en Aquitaine. Les formes tourmentées de cette magnifique forêt littorale ombragée en font un attrait touristique exceptionnel.


Elle seule permet la protection des cultures de l’arrière-pays : elle ne peut être remplacée par des robiniers qui perdent leurs feuilles en hiver et qui n’ont qu’une faible résistance au vent qui les renverse.


La protection des cultures et de l’arrière-pays a besoin du couvert végétal de la forêt d’yeuse, tout comme la forêt d’yeuse a besoin de notre protection.


Si l’homme n’intervient pas pour réparer les dégâts qu’il lui a infligés, cette chênaie va disparaître. C’est pourquoi il faut en demander son classement, ainsi que la coupe des avancées de robiniers qui menace sa zone d’extension.


Si la forêt d’yeuse venait à disparaître, l’attrait touristique de notre région ne disparaitrait-il pas avec elle ?

Demandons le classement au patrimoine naturel de la forêt littorale d’yeuses ! – juillet 2021

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