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Éolien en mer : Parc obsolète avant d'être construit ?

Updated: 3 hours ago




Eoliennes au large de Pornichet

Dans le contexte des débats publics qui s’ouvrent sur l’énergie, l’ADLJ, vous fait part de son point de vue concernant le développement de l’éolien en mer.

 

Le milieu marin n'est pas en bon état aujourd'hui, son mauvais état est directement lié aux pressions des activités humaines actuelles, comme l’ont illustré les récentes tempêtes qui ont charrié sur nos côtes de nombreux microplastiques. L’impact de l’éolien en mer va donc se cumuler avec les impacts existants. Pourquoi ne pas investir dans une production d’énergie décentralisée, proche du lieu de consommation, au lieu d’investir en production d’énergie qui consomme une grande partie de sa propre production pour la transporter ?

  

En Janvier 2024, l’équipement éolien de la France est à la fois tardif et ambitieux : est projetée une puissance générée de 50 000 Mégawatts (MW) en l’an 2050.

Avec la technologie utilisée de 6 MW unitaires, un parc éolien marin de 80 unités produit, au maximum, 480 MW, soit moins de la moitié d’un réacteur nucléaire.

Avec la technologie utilisée de 8 MW unitaires, un parc éolien marin de 62 unités produit, au maximum, 496 MW (488 MW avec 61 opérationnels) soit moins de la moitié d’un réacteur nucléaire.

Sont prévus en mer sept parcs éoliens nationaux, soit une puissance maximale de moins de trois réacteurs et demi.

 

Pour mémoire, les pics de consommation électrique nationale en janvier 2024 avoisinent 80 000 MW, couverts à plus de soixante pour cent par les réacteurs nucléaires.

Les parcs de la façade atlantique sont tous situés sur le plateau continental qui est étroit, ce qui limite leur éloignement de la côte, augmentant ainsi leur visibilité pour les communes riveraines de celle-ci.

L’absence de plateau continental en mer Méditerranée n’y permet que l’éolien flottant, encore expérimental.

 

Le parc Yeu-Noirmoutier :

 

Après que le Conseil d’État a débouté les opposants, le chantier a débuté en décembre 2023 :

Un navire spécialisé plante, en préalable, dans le sol sous-marin les supports de la station électrique marine vers laquelle convergeront tous les câbles provenant des 62 éoliennes prévues. Par la suite, les 61 fûts d’acier de 9 000 tonnes des éoliennes seront successivement plantés dans le fond marin.

Comme pour les autres parcs français, on reproche à ce parc une technologie qui serait déjà obsolète pour ses générateurs de 8 MW (6 MW à St Nazaire) au lieu des puissances de 12 et 16 MW utilisées à l’étranger, comme, par exemple pour le projet Dogger Banks dont la première tranche de 1 200 MW vient d’être livrée à 130 km à l‘Est des côtes anglaises, pour un total de 3600 MW.

Depuis cette station électrique du parc Yeu Noirmoutier, la production sera acheminée à terre en courant alternatif par trois câbles. Chacun sera enterré dans une tranchée individuelle du sol marin, bien séparée des autres pour limiter les pertes de puissance.

A comparer avec les derniers parcs étrangers mis en service, où le transport est réalisé en courant continu, par deux câbles de moindre diamètre, placés dans la même tranchée.

 

D’après les études d’impact commandées par le promoteur, les faune et flore marines, perturbées lors du chantier, recoloniseraient rapidement les lieux.

Les mammifères marins, eux, sont surveillés afin qu’ils n’endommagent pas leurs capacités auditives en s’approchant trop des sources de bruits impulsionnels du chantier (chocs associés à l’enfoncement des fûts, …).

En ce qui concerne la faune volante, le recensement des dommages est difficile car les victimes de collision coulent. Néanmoins, ont pu être recensés sur la plateforme de l’éolienne flottante expérimentale au large de Le Croisic, des impacts de chauve-souris. Au grand étonnement des chercheurs, ces animaux migraient nuitamment d’île en île !

Ces aléas sont communs aux éoliennes marines et terrestres. Pour minimiser l’impact sur les chiroptères, il faudrait n’activer les pales qu’à partir de 40 km/h de vent, quand ces animaux cessent de voler.

 

Aspect financier :

 

Les parcs éoliens marins n’attirent plus les investisseurs car le coût de production du MWh, fixé à 15 Euros, ne devient plus rentable.

Ces générateurs sont d’autant plus gourmands en métaux rares que leur puissance augmente. Les projets d’éoliennes de plus de 250 mètres de hauteur (environ 80 étages !) sont arrêtés.

De plus, ces parcs de production sont souvent éloignés des lieux de consommation, induisant une refonte de la structure d’acheminement de l’énergie produite.

Pour une éolienne marine de 6 MW, le coût d’installation individuel serait de 25 Millions d’Euros. Sa durée de vie prévue est de 23 ans.

De plus, le parc de St Nazaire, par exemple, nécessite une station de maintenance regroupant, à La Turballe, outre des navires d’intervention, 130 techniciens hautement spécialisés dans ce métier à risque.


Parc eolien de St Nazaire

 En conclusion :

 

L’idée de réduire les impacts, notamment en choisissant de développer au large, avec l'éolien flottant, qui n‘en est pour l’instant qu’au stade expérimental, est elle pertinente ?

Il est fort à craindre qu’il n’en soit rien : avec le réchauffement climatique, il y aura plus d'énergie dans l’atmosphère, ce qui amènera à nos latitudes, des phénomènes météorologiques extrêmes comme des cyclones ou de fortes houles.

Ceci rend très incertains les projets d'éoliennes en mer (flottantes ou pas), qui ne résisteront ni à des vents cycloniques ni à des houles de forte amplitude. De plus leur construction aura un impact de grande importance sur la biodiversité dans les fonds marins du fait de l’implantation des socles d'éoliennes et du creusement de tranchées pour le passage des câbles de transport d’énergie.

 

 

Bibliographie :

 

 

 

« Les fantômes de la nuit », de Laurent Tillon, chercheur de l’Office National des Forêts.

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